Paru le 26/05/2008 - Mise à jour le 21/05/2008
Information
Il est, bien sûr, d’informer ses patients et de leur diffuser l’information la plus judicieuse et la plus utile.
Il faut qu’ils sachent que le le statut de travailleur handicapé ne sera pas un frein à l’évolution d’un salarié dans sa carrière, permettra d’obtenir des aides financières pour compenser sa situation de handicap et le maintenir dans l’emploi et favorisera l’insertion professionnelle grâce à des structures spécialisées.
Le rôle du médecin est également très important dans l’acceptation du handicap pour vos patients. Dans tous les cas les conditions d’annonce d’une déficience ont un impact majeur sur la personne concernée et son entourage.
Les étapes à franchir pour le patient
Afin d’intégrer les conséquences de son nouvel « état », la personne à qui on annonce un handicap passera par plusieurs étapes et devra faire le deuil d’un certain nombre de choses.
Cette démarche psychologique d’acceptation et de renoncement a pu être conceptualisée par le psychiatre autrichien Elisabeth Kubler-Ross.
Le déni. Il fonctionne comme un amortisseur permettant à la personne handicapée de se recueillir. C’est un état de défense qui lui permet de conserver une image intègre.
L’initiation. Cette phase permet à la personne handicapée d’aborder les nouveaux éléments, les nouvelles contraintes que vont constituer son état de « personne en situation de handicap ».
Le marchandage. Il s’agit d’alternance de phases de révolte et d’espoir. C’est une tentative pour retarder la prise de conscience.
La dépression. Avec sentiment de totale désorientation. La personne va prendre conscience petit à petit de ses difficultés et de ses incapacités, va se percevoir comme un poids pour la société. Elle doit être accompagnée psychologiquement.
L’acceptation. La personne peut commencer à se projeter. Elle commence à accepter à affronter le regard des autres. Les aides techniques et humaines sont vécues comme des aides à l’autonomie
Un réseau de partenaires
Pour accompagner ces patients dans l’acceptation de leur handicap, il peut être judicieux de l’orienter vers une prise en charge psychologique (psychiatre ou psychologue).
De même certaines prestations sur l’acceptation du handicap peuvent être financées par l’Agefiph et permettent aux personnes de mieux appréhender leur reconversion professionnelle. Ces prestations sont mobilisées par le réseau Cap Emploi.
Orientation
Le rôle du médecin est primordial également dans l’orientation vers les structures spécialisées :
La Maison Départementale des Personnes Handicapées (MDPH) accueille, informe, conseille, accompagne les personnes handicapées et leur famille.
La Commission des Droits et de l’Autonomie des Personnes Handicapées (CDAPH) oriente vers les structures et attribue des prestations.
L’Etablissement ou Service d’Aide par le Travail (Esat) offre aux personnes handicapées des activités productives compatibles avec leur handicap.
L’Entreprise Adaptée emploie au moins 80% de travailleurs handicapés qui peuvent exercer une activité professionnelle dans des conditions adaptées à leurs possibilités.
Le Cap Emploi aide les travailleurs handicapés dans leur recherche d’emploi.
Le Sameth (Service d’Appui au Maintien dans l’Emploi des Travailleurs Handicapés) aide les salariés handicapés dans leur reclassement professionnel.
Le service social de la Cram accompagne les assurés sociaux en arrêt longue maladie.
L’Association de Gestion du Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées (Agefiph) collecte et redistribue des financements pour l’emploi des travailleurs handicapés auprès des entreprises privées.
Le Fonds pour l’Insertion des Personnes Handicapées dans la Fonction Publique (FIPHFP) collecte et redistribue des financements pour l’emploi des travailleurs handicapés auprès des entreprises publiques.
Prévention
Le médecin traitant joue un rôle essentiel dans la détection précoce des situations d’inaptitude en informant ses patients et en les incitant à contacter leur médecin du travail pendant l’arrêt de travail lorsque l’importance ou la nature des séquelles laissent envisager des difficultés de réintégration dans l’ancien poste.
A ce titre, pour les salariés en arrêt de travail le médecin peut également les informer utilement sur la visite de pré-reprise. En effet, si le médecin (traitant ou conseil) ou le salarié a un doute quant à la faculté du patient à reprendre son poste de travail à l’issue de son arrêt de travail, il est pertinent de solliciter une visite de pré-reprise auprès du médecin du travail. La demande doit être effectuée le plus tôt possible, dès lors que l’état de santé du patient/salarié permet d’envisager une reprise, et que le salarié est prêt à préparer son retour à l’emploi. Cette visite permet au médecin du travail d’étudier les conditions de la reprise d’activité et d’envisager les solutions adaptées avant tout avis d’aptitude (mutation, mi-temps thérapeutique, aménagement de poste…).